La Chapelle des Seigneurs

Jouxtant le chœur de l’église décanale Saint-Géry de Boussu-centre et située dans l’ancien cimetière paroissial désaffecté, cette chapelle romane, déjà citée en 1155 et 1188, restaurée et fortement remaniée, au début du seizième siècle, en style gothique hennuyer, possède, en son centre, une crypte voûtée, sur deux niveaux, dans laquelle reposent les différents seigneurs de Boussu des familles de Hennin-Liétard et de Caraman.
 
Véritable Panthéon de l’histoire locale pour les uns, reliquaire de la sculpture funéraire des anciens Pays-Bas pour les autres, cet édifice classé renferme le plus bel ensemble de mausolées Renaissance de notre pays et figure, d’ailleurs, sur la liste du Patrimoine Exceptionnel de la Région Wallonne.

Les différents murs et espaces de ce sanctuaire accueillent, en effet, au rez-de-chaussée, mausolées, gisants, urnes ou dalles funéraires dont voici une quelques descriptions:
 
  • Mémorial de Thierry de Hennin-Liétard (1406-1430) :

 

 

 

 

 

 

 

 

 Ce bas-relief en pierre bleue de l’école tournaisienne, le monument le plus ancien conservé en ce lieu, rappelle le souvenir d’un pèlerin du Saint-Sépulcre décédé à son retour à Venise. Il est présenté à une Vierge en majesté par Sainte-Barbe et Saint-Christophe.

  

  • Le gisant maniériste (vers 1551) :

 
 
 

 


Il s’agit d’une sculpture en albâtre représentant un homme à l’article de la mort, étendu et en partie recouvert d’un drap, la tête posée sur une natte. Au dix-neuvième siècle, au vu de sa grande qualité, divers auteurs l’avaient attribué à Jean Goujon, statuaire des rois de France. Différentes études récentes y voient, plus logiquement, une œuvre du montois Jacques Du Broeucq, auteur du mausolée de Jean de Hennin-Liétard et Anne de Bourgogne auquel il se rattache historiquement. Le rapprochement avec le gisant d’Eustache de Croÿ, conservé à la cathédrale Notre-Dame à Saint-Omer, attribué à ce même sculpteur, en est un autre indice probant.

 

 

  • Mausolée de Maximilien de Hennin-Liétard (1543-1578) :

 

 
 
 
Gouverneur de Hollande, amiral du roi d’Espagne Philippe II, commandant suprême des armées des Etats Généraux, de son épouse Charlotte de Werchin († 1571), de leur fils Pierre de Hennin-Liétard (1569-1598), général d’artillerie et de son épouse Marguerite de Croÿ (1568-1614) : les quatre statues, avec manteau à leurs armes, en pierre blanche d’Avesnes, primitivement peintes, sont agenouillées devant le Christ. Le mausolée, conçu dans le même matériau, avec en son centre une vierge à l’enfant, est entièrement polychrome y compris les seize quartiers de noblesse des quatre défunts.

 

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