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COMMUNICATION DU BOURGMESTRE "On s'était dit plus jamais cela".

En 6 jours, la planète est passée du soulagement sur l'allègement des mesures relatives au Covid 19 à la psychose d'une guerre mondiale.
 
Le monde craint que l'invasion de l'Ukraine par la Russie ne dégénère en une "sale" guerre.
 
Il serait naïf de ne pas envisager ce scénario.
 
Il serait lâche de ne pas tout mettre en œuvre pour que le pire ne se produise pas.
 
Le contexte du terrain n'est pas engageant.
 
Le rapport de force entre l'armée ukrainienne et celle de la Russie est estimé de 1 à 7 en termes de force de frappe et de modernité.
 
L'Ukraine démontre certes, par sa résistance à l'ennemi, qu'elle a "l'étoffe des héros" mais…
 
Tant que la Russie se sentira en position numérique et technologique de force, elle fera, sans doute, retarder les pourparlers pour un "vrai cessez-le-feu".
 
Comme elle avait "bluffé" les dirigeants occidentaux sur ses intentions cachées d'envahir l'Ukraine.
 
Les bombardements russes sur Kharkiv de cette nuit ont, d'ailleurs, l'odeur nauséabonde du massacre de Sarajevo et de l'indignation absolue.
 
On peut parler de génocide et de "remake" de ce que nos parents et grands-parents ont vécu durant la dernière guerre mondiale : l'exode pour éviter les bombardements.
 
Plus de 600 000 Ukrainiens ont trouvé ou cherchent refuge dans les pays voisins. Sans armes, avec juste quelques bagages.
L'Europe a dans un élan de solidarité ouvert spontanément ses portes aux "forcés de l'exil". 
Depuis le fameux épisode de la "baie des cochons", dans les années 60, la tension et le risque d'un conflit d'ampleur mondiale n'ont  jamais atteint un tel niveau de psychose.
En invoquant la menace nucléaire en début de semaine, le président russe a semé volontairement la panique.
Dans ce contexte "flippant", comme diraient nos ados, quelques lueurs d'espoir d'une sortie de crise.
 
Le monde s'est spontanément uni pour l'Ukraine et contre la barbarie. Partout, on voit fleurir le drapeau ukrainien, les messages et les actes de soutien au peuple.
L'Ukraine, son président Zelensky, son peuple, ses personnages emblématiques, suscitent par leur résilience, leur courage et  leur volonté de résister, l'admiration.
L'Union européenne l'a salué d'une salve d'applaudissements, mais pas que. L'Europe soutient logistiquement, en matériel et en armes, le pays agressé.
Au sein même de la Russie, des voix humanistes s'élèvent contre la guerre et son "maître du feu."
L'Europe et les États-Unis parlent d'une même voix. Celle de la condamnation d'une violation brutale et sans sommation, du territoire ukrainien.
Les contre-attaques économiques prises par l'Europe et les États-Unis contre la Russie sont d'une ampleur sans précédent.    
 
Cela suffira-t-il à ramener le bon sens au centre des débats pour stopper l'horreur du bruit des armes et la mort d'innocents afin de négocier honnêtement, autant que faire se peut, la meilleure solution pour tous ?
 
Il y va de l'intérêt du monde entier.
 
Cette guerre n'a que 6 jours. Elle  a déjà coûté trop de vies civiles et militaires.
 
Elle déstabilise toute l'économie mondiale et suscite la crainte du retour de ce que la génération de l'après "Grande Guerre", à laquelle j'appartiens, ne voulait plus.
On s'était dit et promis "Plus jamais cela".
 
Plus jamais la bêtise de tuer pour des envies de pouvoir et d'hégémonie nostalgique.  

 

Jean-Claude Debiève.
Le Bourgmestre 

 

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